Accueil Culture Allah Thérèse,  »la vitrine de la coiffure et du pagne traditionnel », s’en est allée

Allah Thérèse,  »la vitrine de la coiffure et du pagne traditionnel », s’en est allée

Par Sylvain Namoya
La cantatrice baoulé, Allah Thérèse, a été inhumée ce samedi, 29 août 2020.

La cantatrice baoulé la plus adulée d’Houphouët-Boigny, 1er Président de la Côte d’Ivoire, repose, depuis ce samedi 29 août 2020, dans son village natal de Gbofia, qu’elle a tant aimé. Décédée depuis le 19 janvier 2020, à 84 ans, à Djékanou (Toumodi), ‘’Allah Thérèse a un répertoire riche et varié qui comprenait des messages de paix, d’entente et de cohésion. Elle était tout un symbole, vitrine de la coiffure et du pagne traditionnel’’, a reconnu Yves Konan, Directeur de cabinet du ministère de la Culture et de la Francophonie. L’artiste ivoirienne a eu droit à la reconnaissance de la nation et de nombreux ivoiriens et amoureux de sa musique, conformément à son vœu exprimé dans une de ses chansons (son testament en vérité), qui a marqué les mélomanes ivoiriens.

Vœu rappelé à juste titre, lors de la levée de corps du vendredi 28 aout 2020, à la Salle Félix Houphouët-Boigny d’Ivosep, à Treichville (commune abidjanaise), par l’artiste musicien Diabo Steck : ‘’j’ai demandé à Dieu de m’aider à réussir dans la chanson afin que, n’ayant pas fait d’enfant, ce soit tous les enfants de Côte d‘Ivoire qui me portent en terre, le jour de ma mort’’. Pour elle, l’Hymne national de Côte d’Ivoire a retenti. Elle a eu également droit aux honneurs militaires, a été fait Commandeur dans l’ordre du mérite culturel, à titre posthume ; devant de hautes personnalités de la République et son cercueil couvert du drapeau national.
C’est le 20 mai 2018, qu’est mort à Konan Kokorékro, à environ 20 km de Toumodi (Centre de la Côte d’Ivoire), l’accordéoniste qui faisait la doublure avec la cantatrice baoulé, Allah Thérèse, N’Goran la Loi, son époux.

Allah Thérèse est l’une des pionnières de la musique traditionnelle baoulé. L’histoire de la musique de Moh Allah et N’gna N’goran se confond. On ne peut raconter l’histoire de l’un sans celle de l’autre. C’est en 1956, que démarre leur carrière musicale dans leur village de Konan Kokorékro. Le duo musical atypique (l’épouse, lead vocal et l’époux à l’accordéon), séduit les mélomanes, qui apprécient. Surtout avec la coiffure, la même depuis toujours, portée fièrement, appelée « Akôlou Koffié », qui signifie en Baoulé, ‘’les buttes de l’araignée’’. Mais le choix de la chanson par Allah Thérèse, n’est pas fortuit. Elle explique : ‘’à partir du moment où j’ai constaté que nous n’arrivons pas à faire d’enfant ; mon mari et moi, j’ai décidé alors de faire de la musique, mon métier. Dans notre culture baoulé, quand quelqu’un n’a pas d’enfant, il est oublié par tous, une semaine après l’enterrement. J’ai décidé de marquer mon temps avec la chanson’’.

C’est dans les années 1950, qu’elle rencontre, lors d’une manifestation funéraire, celui avec qui elle fera chemin jusqu’à la date fatidique du 20 mai 2018 : N’Goran la Loi, lead vocal du même genre musical dans son village. Leur première œuvre qui date de 1956, est intitulée ‘’Ahoumo n’séli’’, où elle stigmatise la prostitution des jeunes filles. Le couple était le préféré du Président Houphouët-Boigny qui l’invitait lors des grands galas, surtout à Yamoussoukro, la capitale politique ivoirienne, en compagnie de ses pairs ; à cause, surtout, de son titre à succès, ‘’Fondi’’. Un hommage aux pionniers du Rassemblement démocratique africain (RDA) et au Pdci-Rda, grâce à qui, selon elle, la Côte d’Ivoire et l’Afrique connaissent la paix et non plus les travaux forcés.

Sylvain Namoya

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