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Crise au Mali : le M5-Rfp rejette le plan de sortie de la Cedeao

Par Franck Tagouya
Les manifestatnts contre IBK au Mali radicalisent leur position.

Dans un communiqué publié le 28 juillet 2020, le Mouvement du 5 juin – Rassemblement des forces patriotiques (M5-Rfp) rejette le plan de sortie de crise que la Cedeao a proposé à l’issue du sommet extraordinaire de la Conférence des Chef d’Etat et de gouvernement tenu le 27 juillet 2020, par visioconférence. Le M5-Rfp se dit prêt à se battre pour ‘’sauver le Mali qui pourrait disparaitre en tant qu’Etat, Nation, Démocratie et République laïque à cause de M. Ibrahim Boubacar Keïta (Ibk) et de son régime’’. Pour les contestataires, ces derniers ‘’portent l’entière responsabilité de cette sinistre perspective pour le Mali’’. Le M5-Rfp déplore que la Cedeao ‘’ferme les yeux sur la profondeur et la gravité’’ de la crise sociopolitique malienne.

La crise malienne, selon le communiqué, n’est rien de moins qu’‘’un simple contentieux électoral du deuxième tour du scrutin législatif’’. C’est pourquoi, les solutions proposées par cette organisation sous régionale ne sauraient épouser les attentes et aspirations du peuple malien, dont le M5-Rfp se fait l’avocat. Le communiqué ne laisse aucune place au doute quant à la détermination et la mobilisation du peuple malien ‘’pour la mise en œuvre de son droit constitutionnel à la désobéissance civile, sur l’ensemble du territoire national et dans la Diaspora ». Et ce, jusqu’à ‘’la restauration de la démocratie, les valeurs républicaines, la laïcité et l’établissement d’une gouvernance responsable et vertueuse’’.

Le régime de sanctions que la Cedeao brandit ‘’contre ceux qui poseront des actes contraires au processus de normalisation de cette crise’’ ne saurait casser le dynamise des manifestants et des leaders du M5-Rfp. Pour eux d’ailleurs, c’est plutôt Ibk qui devait subir le courroux de la Cedeao par les sanctions prévues aux articles 44 et suivants, du Protocole A/SP1/12/01 de la Cedeao sur la démocratie et la bonne gouvernance, pour l’Etat contrevenant à l’article 32 du Protocole. L’article 32 prescrit que ‘’les Etats membres conviennent de ce que la bonne gouvernance (…) est essentielle pour la préservation de la justice sociale, la prévention des conflits, la sauvegarde de la stabilité politique et de la paix et le renforcement de la démocratie’’.


C’est pourquoi, le M5-Rfp continue de réclamer plus que jamais la démission du Président Ibrahim Boubacar Kéita, d’exiger des actions judiciaires contre les auteurs, commanditaires et complices des tueries et exactions commises contre les manifestants à Sikasso et Bamako, lors des événements des 10, 11 et 12 juillet 2020 et la libération de Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition malienne. Des manifestations sont prévues après la fête musulmane de la Tabaski du 31 juillet 2020.

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