Accueil International Crise malienne : Les manifestants pour le départ d’IBK. La Cedeao dit niet

Crise malienne : Les manifestants pour le départ d’IBK. La Cedeao dit niet

Par Franck Tagouya

Cinq chef d’Etat africains étaient à Bamako, la capitale malienne, le 23 juillet 2020, pour tenter de sauver la médiation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao). Au terme de leur rencontre, un sommet extraordinaire de ces Etats devra se tenir par visioconférence, le lundi 27 juillet prochain, selon Mahamadou Issoufou, Chef de l’Etat nigérien et président en exercice de la Cedeao.

Muhammadu Buhari du Nigeria, Mahamadou Issoufou du Niger, Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Nana Akufo-Addo du Ghana et Macky Sall du Sénégal n’ont pas pu publier de communiqué final, comme prévu. Certainement les pourparlers devront continuer sur le terrain en attendant le lundi. Déjà, l’influent imam Mahmoud Dicko, l’un des leaders qui dirigent la contestation contre le Président Ibrahim Boubacar Kéita, a fait savoir qu’il n’y a eu pas d’avancée. Les contestataires exigent le départ Président malien. Alors que pour la Cedeao, c’est la ‘’ligne rouge’’ à ne pas franchir. A la sortie de la rencontre avec les médiateurs, le leader du M5-Rfp a déclaré que les cinq dirigeants ne leur ont rien dit qu’il puisse comprendre. Il s’est voulu sincère en déclarant : « Nous sommes un peuple debout. Nous ne sommes pas un peuple soumis ou résigné. » Il a ajouté qu’il préfère mourir martyr que de mourir traite. « Les jeunes gens qui ont perdu leur vie ne l’ont pas perdu pour rien. Et si ce qu’on nous a dit, c’est pour ça qu’on nous a réunis, je crois que rien n’a été fait pour le moment ».

En effet, le plan de sortie de crise proposé le 19 juillet dernier par la précédente mission conduite par l’ancien président Goodlock Jonathan, a été rejeté par le Mouvement du 5 Juin – Rassemblement des Forces Patriotiques(M5-Rfp). Lundi déjà, il y a des barrages dans les quartiers périphériques de Bamako. Les forces de l’ordre étaient également visibles dans les rues et sur les grandes artères de la capitale.

La mission conduite par l’ex président nigérian est arrivée à Bamako le 15 juillet 2020. Cette mission était composée en plus de Goodlock Jonathan, de présidents de cours constitutionnelles. Le plan de sortie de crise, approuvé par l’Union africaine, les Etats unis et l’Union africaine, recommande « de toute urgence » une formation d’un gouvernement d’union nationale. Ce gouvernement devrait être constitué de représentants de la coalition majoritaire, de l’opposition et des membres de la société civile. A la formation d’un gouvernement de consensus s’ajoute la nomination d’une nouvelle Cour constitutionnelle qui devra se pencher principalement sur le litige électoral autour des résultats des législatives

Le Mali est empêtré dans une crise depuis plus d’un mois maintenant qui oppose le mouvement M5 au président Ibrahim Boubacar Keita. Le M5 est une coalition qui a été formée le 30 mai 2020 contre le président IBK par l’imam Mahmoud Dicko, des partis politiques et une organisation de la société civile. Cette coalition a appelé les maliens à manifester pour réclamer la démission du président. Le M5-Rfp dénonce l’incapacité du président à assurer la sécurité des populations, la mauvaise organisation des élections législatives, le marasme économique et la décision de la Cour constitutionnelle. Depuis la première manifestation qui a eu lieu le 5 juin 2020, le nombre de manifestants ne fait que grossir, la violence aussi. La dernière manifestation qui a eu lieu le 10 juillet dernier a connu plus de violence. Ce jour-là, il y a eu des heurts qui ont continué jusqu’au lendemain samedi, puis le dimanche. Plusieurs leaders de la contestation ont été arrêtés. Il y a eu dans l’ensemble 12 personnes qui ont perdu la vie et plus de 70 blessés, l’attaque de l’Assemblée nationale et le siège de la télévision nationale.

Le président essaie de faire des concessions dans le sens des manifestants pour apaiser le climat. Mais jusque-là, aucune des concessions de IBK ne semble désamorcer la crise.

Franck Tagouya

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