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Il faut penser à la réutilisation des masques jetables

Par Franck Tagouya
L'utilisation des masques jetables pose toujours problème.

De plus en plus de masques sont distribués par les autorités ivoiriennes et utilisés par les populations dans la lutte contre le coronavirus. Selon le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique dirigé par Aka Aouélé, lors du point de presse du gouvernement du 24 juin 2020, déjà près de 111 millions de masques ont été distribués aux populations. Malheureusement, ces distributions ne sont pas accompagnées par une éducation sur l’utilisation adéquate et la gestion après usage. La caractéristique de ces masques, contrairement à ceux fabriqués par les artisans locaux, c’est qu’ils deviennent souillés après quelques heures. Il faudrait alors le changer. Ainsi, une personne peut utiliser au moins deux masques par jour. Ces masques usagers deviennent donc un danger pour celui qui continue de les porter.

S’ils ne sont pas dans les endroits adéquats, ils se retrouvent par terre dans les rues. Dans cette saison pluvieuse, les masques usagers qui mettent 450 ans à se dégrader, pourraient facilement être drainés vers les cours d’eau et entraîner leur pollution.
En France, il est de plus en plus question de leur recyclage. Selon novethic.fr du 22 juin 2020, un consortium de scientifiques, médecins, industriels du Centre national de la recherche scientifique (Cnrs), du Commissariat à l’énergie atomique (Cea) et de plusieurs hôpitaux, s’est penché sur la question depuis début mars et a émis plusieurs pistes prometteuses. Ils ont réfléchi, selon le professeur en santé publique, Philippe Cinquin, sur la possibilité « d’en éliminer la charge virale après une première utilisation tout en garantissant le maintien de leur niveau de performance », a-t-il expliqué dans le journal du Cnrs.

Même si, pour des raisons sanitaires, la règlementation française ne prévoit que la désinfection puis l’incinération ou le stockage de ces déchets potentiellement dangereux, selon les explications du ministère de la Transition écologique rapportées par Novethic. Il y a même 27 députés Lrem qui ont envoyé, début mai, une lettre à la secrétaire d’État Brune Poirso,n à ce propos. Ils lui ont demandé d’organiser une filière de récupération et de recyclage des masques « dans les meilleurs délais » afin d’assurer « un réemploi des masques qui permettrait d’éviter un énorme gâchis de matières ».
Les premiers résultats qu’ils ont obtenus, ont rassuré qu’avec un lavage à sec à plus de 100°C, les masques ne perdent que 2% de leur efficacité de filtration. Or la norme européenne exige d’arrêter 98% de particules d’une certaine taille, aux dires de Laurence Le Coq, enseignante-chercheuse et directrice de recherche à IMT Atlantique. Il y a deux autres possibilités qui donnent de l’espoir. La première, c’est la stérilisation en autoclave qui permet de produire de la chaleur humide sous pression. La deuxième concerne l’irradiation aux rayons gamma ou beta.

Franck Tagouya

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