Accueil Culture Il y a deux ans mourait N’Goran la Loi, l’époux d’Allah Thérèse

Il y a deux ans mourait N’Goran la Loi, l’époux d’Allah Thérèse

Par La rédaction
Allah Thérèse et son époux ont marqué la musique ivoirienne.

20 mai 2018-20 mai 2020, il y a deux ans, mourait à Konan Kokorékro, à environ 20 km de Toumodi (Centre de la Côte d’Ivoire), l’accordéoniste qui faisait la doublure avec la cantatrice baoulé, Allah Thérèse, N’Goran la Loi.
Allah Thérèse, elle-même décédée, le dimanche 19 janvier 2020, à 84 ans, des suites d’une courte malade, comme son époux La Loi, à l’hôpital général de Djékanou, dans le département de Toumodi, est l’une des pionnières de la musique traditionnelle baoulé. L’histoire de la musique de Moh Allah et N’gna N’goran se confond. On ne peut raconter l’histoire de l’un sans celle de l’autre. C’est en 1956, que démarre leur carrière musicale dans leur village de Konan Kokorékro. Le duo musical atypique (l’épouse, lead vocal et l’époux à l’accordéon), séduit les mélomanes, qui apprécient. Surtout avec la coiffure, la même depuis toujours, portée fièrement, par Allah Thérèse, appelée « Akôlou Koffié », qui signifie en Baoulé, ‘’les buttes de l’araignée’’. Mais le choix de la chanson par Allah Thérèse, n’est pas fortuit.

Elle explique : ‘’à partir du moment où j’ai constaté que nous n’arrivons pas à faire d’enfant, j’ai décidé alors de faire de la musique, mon métier. Dans notre culture baoulé, quand quelqu’un n’a pas d’enfant, il est oublié par tous, une semaine après l’enterrement. J’ai décidé de marquer mon temps avec la chanson’’. C’est pourquoi elle le dit dans une de ses chansons, je souhaite, puisque je n’ai pas d’enfant, que tout le monde entier assiste à mon enterrement (littéralement ! que le monde entier m’enterre). C’est dans les années 1950, qu’elle rencontre, lors d’une manifestation funéraire, celui avec qui elle fera chemin jusqu’à la date fatidique du 20 mai 2018 : N’Goran la Loi, lead vocal du même genre musical dans son village. Leur première œuvre qui date de 1956, est intitulée ‘’Ahoumo n’séli’’, où elle stigmatise la prostitution des jeunes filles. Le couple était le préféré du 1er Président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny qui l’invitait lors des grands galas, surtout à Yamoussoukro, la capitale politique ivoirienne, en compagnie de ses pairs ; à cause, surtout, de son titre à succès, ‘’Fondi’’. Un hommage aux pionniers du Rassemblement démocratique africain (RDA) et au Pdci-Rda, grâce à qui, selon elle, la Côte d’Ivoire et l’Afrique connaissent la paix et non plus les travaux forcés.

N’guessan Sylvain

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