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Jeu, Jan

Débats & Opinions

Le Burkina Faso est un grand consommateur de l'Attiéké de Côte d'Ivoire.


Les ivoiriens qui s'indignent de voir leur Attiéké se labelliser sous la marque "Faso Attiéké" doivent plutôt se remettre en cause que de se plaindre. Il faut plutôt féliciter les initiateurs qui donnent une leçon aux ivoiriens. Pour en arriver là, il faut chercher à comprendre. En tant que journaliste, j'ai été témoin du processus qui a abouti à la labellisation du "Faso Attiéké". Pendant que nous perdions notre temps à insulter ou à poster des selfies sur les réseaux sociaux, nous avons oublié que le Burkina Faso est un grand consommateur de l'Attiéké de Côte d'Ivoire. Pour répondre à la forte demande, j'ai vu des opératrices économiques Burkinabè venir s'installer à Yamoussoukro. Surtout dans les zones où le manioc cherche acheteurs. Elles sont venues avec de petites broyeuses roulantes qu'elles peuvent déplacer d'une localité à une autre. Elles ont recruté des femmes pour leur préparer l'Attiéké à partir du manioc qu'elles achètent et broient sur place. La production est convoyée au Burkina dans des camions remorques.


Le groupe que j'ai suivi avait une commande de 10 tonnes d'Attieké par semaine. Si pour mieux vendre leur Attiéké sur de nouveaux marchés, elles décident de labelliser leur produit, où est le problème ? Nous avons raillé Kouadio Konan Bertin dit KKB quand il parlait de la production de l'Attiéké en 2015. Je me souviens, le président des riziculteurs, Tiacoh Thomas a plaidé en vain pour la labellisation du riz local afin de mieux le vendre. Il n'a pas eu d'oreilles attentive. Demain quand un ghanéen ou un chinois viendra le faire à notre place, nous allons nous plaindre. Retenons que les promotrices du Faso Attiéké ont réfléchi et travaillé. Ce que nous avons refusé de faire. Demain le Faso Attiéké sera dans les rayons de nos supermarchés. Il sera mieux vendu en Europe.

Félicitons les !

Pris sur le mur de Koffi Kouamé