Accueil International Investis à la tête de la Transition au Mali : le plus dur commence pour Bah N’Daw et Assimi Goïta

Investis à la tête de la Transition au Mali : le plus dur commence pour Bah N’Daw et Assimi Goïta

Par Franck Tagouya
Le Président de la Transition au Mali vient d'être investi.

Conforment à l’article 10 de la Charte de la transition, l’ex ministre de la Défense, Bah N’Daw (70 ans) et le colonel Assimi Goïta (37ans), ont été investis le 25 septembre 2020 respectivement dans les fonctions de Chef d’Etat, président et vice-président de la Transition au Mali, suite au renversement de l’ex président Ibrahim Boubacar Keita. Les deux personnalités ont été nommées le 21 septembre dernier par le Collège mis en place pour la désignation des dirigeants de la Transition. La cérémonie a consisté d’abord en la prestation de serment devant la Cour suprême du Mali, ensuite la décoration du président dans l’ordre de Grand Maitre et enfin, le premier discours officiel du chef d’Etat. Le Président de la Guinée Bissau, Umaro Cissoco, l’ancien président nigérian Goodlock Jonathan, Médiateur de la Cedeao dans la crise malienne, étaient présents à cette cérémonie.

L’audience solennelle, présidée en personne par le président de la Cour suprême, a débuté avec la lecture du procès-verbal (Pv) de désignation des personnalités avant de donner la parole au procureur général, près la Cour suprême, pour ses réquisitions. Le procureur général a mis un accent particulier sur les riches carrières professionnelles des personnalités cooptées pour conduire la transition. Il a rappelé à Bah N’Daw et Assimi Goïta, leurs missions et les limites liées à cette mission, à savoir qu’ils doivent transmettre le pouvoir au bout de 18 mois, aux autorités élues. Le procureur général a prié la Cour suprême de recevoir leurs serments, de donner acte au Pv lu par la doyenne des greffiers et aux réquisitions du parquet, puis de renvoyer le président et son vice dans l’exercice de leurs différentes fonctions.

Pour lui, il est urgent que ces autorités soient installées afin qu’elles se mettent à la tâche afin de mettre en place une démocratie authentique et des institutions fortes capables d’anticiper toutes sortes de « séismes » possibles. Il a souhaité que le spectre de la prise de pouvoir, autrement que par les urnes, soit circonscrit à jamais, pour que le Mali connaisse une stabilité pérenne. Après la prononciation des formules consacrées suivies par « Je le jure », les mains levées, le procureur général est revenu à la charge pour demander cette fois-ci aux autorités investies de libérer les personnalités arrêtées pendant le Coup d’Etat et qui, jusque-là, n’ont encore été présentées à aucun juge. ‘’S’il y a des charges qui pèsent contre ces personnalités, il faut donc permettre à la justice de les poursuivre’’, a-t-il conseillé.


Le Chef de l’Etat malien a traduit sa gratitude au Conseil national du salut du peuple (Cnsp) et au collège qui a porté son choix sur sa ‘’modeste’’ personne. A propos de l’action du Cnsp du 18 août 2020, il a dit qu’elle est la conséquence de la très grave crise socio-politique qui a paralysé la vie de la nation, des mois durant. Parlant de la fonction qu’il doit occuper à la tête de la Transition, Bah N’Daw a déclaré que, travailler pour le Mali est un privilège. Il a dit toute sa reconnaissance aux personnalités présentes, qui par leur présence, montrent leur grand intérêt pour le Mali. Une mention spéciale a été faite à l’ancien président de la transition Diacounda Traoré pour son intérêt particulier relatif à la paix au Mali ; sans oublier le président de la Guinée Bissau, Umaro Cissoco et le Médiateur de la Cedeao, Goodlock Jonathan.

Franck Tagouya

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