Accueil Intégration sous régionale La Cedeao demande aux Maliens de tirer les leçons de la situation de 2012

La Cedeao demande aux Maliens de tirer les leçons de la situation de 2012

Par Réné Ramissou
Sommet de la Cedeao, tenu, lundi 27 juillet 2020, par vidéoconférence sur la situation socio-politique au Mali.

Un Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), s’est tenu, lundi 27 juillet 2020, par vidéoconférence sur la situation socio-politique au Mali.
Après la cérémonie d’ouverture, les Chefs d’Etat et de gouvernement ont eu des travaux au terme desquels le Président Mahamadou Issoufou du Niger et Président en exercice de la Cedeao, a esquissé quelques
mesures arrêtées par la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement. Il s’agit, entre autre, de la démission des 31 Députés dont l’élection est contestée, y compris le Président du Parlement ; ce qui devrait ouvrir la voie à des élections législatives partielles. A ces mesures, s’ajoutent celles relatives à la recomposition de la Cour constitutionnelle, la mise en place rapide d’un Gouvernement d’Union nationale avec la participation de l’opposition et de la
Société civile.

Ce gouvernement aura pour tâche prioritaire de mettre en œuvre toutes les réformes, recommandations et décisions issues du dialogue national inclusif et de traiter les questions de gouvernance, en particulier les Accords d’Alger, la mise en place d’une Commission d’enquête pour déterminer et situer les responsabilités dans les violences qui ont entrainé des décès et des blessés les 10, 11 et 12 juillet derniers. Sans oublier la mise en place d’un Comité de suivi de toutes les mesures prises et la mise en place d’un régime de sanctions contre ceux qui poseront des actes de nature à contrarier le processus de normalisation. Il faut rappeler que lors de la cérémonie d’ouverture, Jean-Claude Brou, Président de la Commission de la Cedeao a indiqué que la tenue de cette Session extraordinaire est une belle manifestation de la solidarité des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organisation sous- régionale à l’égard du Mali ainsi que de leur attachement au
peuple malien.

Il a ajouté que le Mali et le peuple malien doivent voir dans la tenue de ce Sommet extraordinaire, la volonté et l’engagement des Chefs d’Etat en faveur de la paix, de la stabilité et du développement harmonieux d’un pays frère. Car, la situation qui prévaut actuellement au Mali, à l’en croire, impacte négativement l’image de ce pays et le rend
encore plus vulnérable aux menaces sécuritaires. Quant au Président du Niger, Mahamadou Issoufou, Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Cedeao, il a so ligné que la situation au Mali est marquée par une quadruple crise, sécuritaire, sanitaire, économique et politique. La dimension politique de cette crise a
été déclenchée, selon lui, par l’arrêt de la Cour constitutionnelle des mois de Mars et d’avril 2020, engendrant ainsi un mouvement de contestation qui exige, entre autres revendications, la démission d’Ibrahim Boubakar Kéita dit Ibk, Président du Mali. Ce qui, selon lui, est contraire aux dispositions du Protocole de la Cedeao sur la démocratie et la
bonne gouvernance et qui constituent des principes constitutionnels communs, à caractère supranational, s’imposant à tous, Gouvernements et Institutions de l’espace sous régional.

Le Président Mahamadou Issoufou a ajouté que ce Sommet extraordinaire a pour but de rendre compte de la dernière mission des Chefs d’Etat à Bamako, d’analyser et d’adopter des déclarations fortes qui préconiseront, sur la base des
principes qui régissent l’Organisation en matière de prévention, de gestion et de règlement des conflits, des solutions fortes pour une sortie rapide de la crise. Car, le temps presse et les risques sont grands, a-t-il ajouté. A cet égard, il a demandé aux uns et aux autres, notamment à la classe politique et au peuple malien, de tirer les leçons du passé, en particulier de la situation de 2012, qui a failli ouvrir la voie au contrôle du pays à des organisations terroristes criminelles. C’est pourquoi, il a exhorté ‘’ses’’ frères et sœurs du Mali à concentrer leurs efforts et énergies à la recherche de solutions à leurs deux principaux ennemis que sont la pauvreté et le terrorisme.

René Ramissou
Source : présidence de la République ivoirienne

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