Accueil Région L’ambiance à Dabou au moment où le couvre-feu est reconduit

L’ambiance à Dabou au moment où le couvre-feu est reconduit

par Franck Tagouya
Calme plat à Dabou après les affrontements communautaires.

Depuis ce 26 jusqu’au 30 octobre 2020, inclus, le couvre-feu instauré par le préfet de la Région des Grands Ponts, suite aux affrontements communautaires qui ont lieu à Dabou (environ 50 km d’Abidjan) et qui ont fait 16 morts, officiellement, a été reconduit. Ce, à travers l’Arrêté préfectoral N°016/P.DAB/DAG, pour ‘’un souci de maintien de l’ordre public’’. Seulement, il commence désormais à partir de 21 heures jusqu’à 6 heures et pourrait être encore prorogé si besoin est, apprend-on. Après la chaude journée du 22 octobre dernier, où des actes de violence indescriptibles ont été perpétrés, après ceux des deux premiers jours, le calme est revenu dans la ville.

Les activités reprennent crescendo. Ainsi, les taxis communaux roulent toute la journée, même si quelques-uns sont encore stationnés. Le marché est ouvert jusqu’au soir, permettant à tous, de faire leurs provisions. Même si ce n’est pas encore la grande affluence. Le samedi dernier, toutes les places du marché n’ont pas été occupées, en l’occurrence là où se vendent les friperies, d’ordinaire bondé de monde. La plupart de ceux qui étaient dans les marchés étaient plus préoccupés par ce qui rentre dans le ventre que par ce qui revêt le corps ou autres coquetteries. Contrairement à ce jeune homme que nous avons rencontré dans ce marché, tenant en main des sachets d’habits. Lui et sa famille font partie de ceux dont les maisons ont été incendiées. Il était donc là pour s’offrir quelques nouveaux vêtements.

Dans les quartiers, l’ambiance habituelle a cédé la place à un calme plat. En passant dans certains quartiers, on est frappé par le silence : pas de cris d’enfants, hormis quelques rares enfants jouant encore dans les rues… Depuis l’éclatement de ces événements malheureux, il quasiment impossible de déterminer le nombre de personnes qui sortent, chaque jour, de la ville de Dabou pour s’abriter ailleurs, craignant une éventuelle résurgence de la violence.


Au niveau des autorités, les réunions se multiplient pour prévenir d’autres affrontements meurtriers. Le jeudi 22 octobre dernier, une rencontre s’est tenue à Dabou entre les populations et le Commandant supérieur de la gendarmerie nationale, le Général Apalo Touré. Il s’agit pendant ces rencontres, d’exhorter l’ensemble des populations à la paix, à la cohésion sociale et au vivre ensemble. C’est également l’occasion pour les autorités de rassurer les administrés de l’engagement ‘’ferme’’ du gouvernement à prendre toutes les dispositions sécuritaires afin que de tels événements ne se reproduisent plus.

Selon un communiqué du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, 52 individus ont été interpellés du mardi 20 au mercredi 21 octobre 2020, par la Gendarmerie nationale. Sans oublier des saisis: armes blanches et à feu, bars de fer, bouts de bois, gris-gris et téléphones. Les interpellés devront répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes, selon le Communiqué dont nous avons reçu copie.
En cette semaine décisive et avant l’élection présidentielle du 31 octobre prochain de tous les dangers, du fait des positions tranchées des protagonistes ivoiriens, gageons que la paix, chère à Houphouët-Boigny, 1er Président de la Côte d’Ivoire, habite chacun des Ivoiriens.

Rappelons que depuis l’annonce de la candidature du Président sortant, Alassane Ouattara, pour un 3è mandat, proscrit par la Constitution ivoirienne, des manifestations de l’opposition contre le ‘’viol de la Constitution’’, ont été durement réprimées par le pouvoir, faisant plus de 70 morts et de très nombreuses arrestations, selon certaines sources. Ouattara maintient sa candidature et la date du scrutin pendant que l’opposition et la société civile sont dans une opération de ‘’désobéissance civile’’ pour empêcher la tenue du scrutin du 31 octobre 2020.

Franck Tagouya

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