Accueil Politique L’opposition ivoirienne a réussi son pari malgré les entraves et les agressions de ses militants

L’opposition ivoirienne a réussi son pari malgré les entraves et les agressions de ses militants

Par Franck Tagouya
Démonstration de force de l'opposition ivoirienne.

Depuis le meeting de l’opposition au stade Félix Houphouët-Boigny, qui a eu lieu le 10 octobre 2020, la joie de l’opposition d’avoir pu tenir ce grand rassemblement malgré les nombreux obstacles et autres agressions, est moquée par les partisans du Rhdp (Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix). La raison de la raillerie : l’opposition aurait été incapable, selon eux, de remplir le stade Houphouët-Boigny. Ce qui montre qu’elle est minoritaire, donc négligeable. Alors qu’en face, ceux de l’opposition se réjouissent, ragaillardis qu’ils sont, par le succès du meeting au Félicia. Et se disent confiants pour les manifestations à venir, car ce meeting, selon eux, est l’acte 1 des manifestations pacifiques relatives au mot d’ordre de ‘’désobéissance civile’’ lancé par Henri Konan Bédié, président du Pdci-Rda et leader de l’opposition ivoirienne, pour protester contre le 3è mandat jugé anticonstitutionnel du Président sortant Alassane Ouattara.


Jean Louis Billon, Secrétaire exécutif du Pdci-Rda chargé de la Communication et de la propagande du parti, a témoigné sa gratitude à tous, pour la mobilisation, ajoutant que la lutte pour la démocratie et contre le 3ème mandat, continue. Albert Toikeusse Mabri, président de l’Udpci, a, quant à lui, rendu hommage à Laurent Gbagbo, son ‘’grand frère’’ et à ses jeunes frères Guillaume Kigbafori Soro et Charles Blé Goudé, qui selon lui, les rejoindront bientôt. Quant à Guillaume Soro, il se dit «soulagé et heureux en constatant l’exceptionnelle mobilisation de l’opposition ivoirienne ». Il a donc promis pour bientôt, ‘’la délivrance’’, dénonçant les actes de violence et d’intimidation pour étouffer cette mobilisation qui ‘’ne resteront pas impunis’’.

Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (Fpi), de son coté, sonne la mobilisation de tous, les jours à venir, pour des actions «sur l’ensemble du territoire, pour mettre fin au régime d’Alassane Alassane Ouattara et pour la renaissance de la Côte d’Ivoire». Les leaders de l’opposition ne passent pas par quatre chemins pour dénoncer les pratiques du parti au pouvoir qui utilise la force publique et autres intimidations contre leurs militants. Marcel Amon Tahoh, ancien ministre des Affaires étrangères de Ouattara, était furieux du fait que plus d’une centaine de cars en provenance d’Aboisso, sa ville natale et de Bonoua (sud-est d’Abidjan), aient été bloqués à l’entrée de Grand-Bassam par les Forces de défense et de sécurité, sur ordre du pouvoir.

D’autres manifestants en provenance de Yopougon se sont plaints des forces de défense et de sécurité qui leur exigeraient des cartes professionnelles avant de leur permettre de rentrer au Plateau par la Carena. D’autres militants affirment avoir été bloqués au niveau de Fraternité Matin, à Adjamé ; sans oublier les innombrables barricades dans toute la commune du plateau, érigés par les Fds pour empêcher les militants de l’opposition d’avoir accès au stade Houphouët-Boigny, lieu du meeting. Ce qui a amené Amon Tanoh à dire qu’‘’Aucun ivoirien ne ferait à ses frères ivoiriens ce que Alassane Ouattara nous fait’’.
A l’approche de l’élection présidentielle, le besoin de paix ne fait que grossir. La paix est l’objet de plusieurs rassemblements politiques, religieux et culturels. Ne serait-ce pas mieux de ne pas négliger ces faibles commencements ?

    Franck Tagouya

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