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Lutte contre la covid-19 : Ces mesures barrières que personne ne respecte

Par Franck Tagouya
Le respect des mesures barrières, un casse-tête pour les Ivoiriens.

Difficile pour les populations de respecter les mesures barrières pour freiner la propagation de la covid-19. Dans les lieux publics, le port du cache-nez et le respect d’une distance d’un mètre au moins, ne se fait pas naturellement ou pas du tout. Dans les marchés et les rues par exemple, on peut compter du bout du doigt, le nombre de personnes qui portent des cache-nez. De même, il est rare de voir dans ces endroits des personnes séparées d’un mètre de distance des autres. Certains ont même le courage de franchir le seuil des commissariats de police sans cache-nez. Encore plus dans les maquis où se pratiquent des moments fous de beuverie, le respect des gestes barrières ne semble être de l’utopie. Le ministère de la Sécurité et de la Protection civile ne fait qu’interpeller les populations sur ces relâchements qui pourraient être fatales, surtout depuis le mois de juin où le nombre des nouveaux cas ne font que grimper, atteignant plus de 400 cas des fois. Vu l’augmentation insidieuse des nouveaux cas, le Conseil national de sécurité (Cns), a ramené la taille des rassemblements autorisés à 50 personnes et maintient encore l’isolement d’Abidjan jusqu’à mi-juillet. Une revue de la situation devra être fait pour définir la conduite à tenir à partir de mi-juillet 2020.

A l’allure où monte le nombre des nouveaux cas, le Cns pourrait durcir ces mesures, à l’instar de certains pays comme Madagascar, l’Espagne, l’Inde ou le Maroc où il est question de confiner à nouveau. En effet, à partir de fin avril, le nombre de nouveau cas avait commencé à baisser. Ce qui a amené le Conseil national de sécurité à alléger les mesures prises. Ainsi, lors de son message à la Nation le 7 Mai 2020, le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, a levé les mesures liées au couvre-feu et à l’interdiction de rassemblement limité à 50 personnes pour les villes hors du Grand Abidjan. Cet allègement se justifiait par le fait que du 21 avril 2020 jusqu’à la date de la prise de cette mesure, aucun cas positif n’avait été signalé à l’intérieur du pays. En ce qui concerne le Grand Abidjan, le couvre-feu avait été d’abord réduit de 23heures à 4 heures, avant d’être totalement levé le 15 mai 2020. Avec la levée du couvre-feu, les rassemblements sont passés successivement de 50 personnes à 200 puis de nouveau à 50 personnes. Les restaurants, maquis et hôtels ont pu rouvrir leurs portes à la clientèle. En outre, les établissements scolaires ont aussi rouvert leurs portes aux apprenants.

Mais depuis mi-juin, le nombre de nouveau cas va crescendo, atteignant même plus de 400 cas par jour. Pendant les points de presse quotidiens, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, et celui de la Sécurité et de la Protection civile, n’ont de cesse d’interpeller les populations sur l’inobservance des mesures barrières. Eugène Aka Aouelé a rappelé à ceux qui l’ignoraient, dans le point de la situation de la maladie à coronavirus du 06 juillet 2020, que la pandémie n’est pas terminée. Il a invité de ce fait, la population à la discipline et au sens de la responsabilité de tous et de chacun. La population doit davantage prendre conscience qu’à défaut de vaccin et de traitement garantie, le respect des mesures barrières et la vigilance sur l’application de la distanciation sociale sont vraiment les seuls remparts contre cet ennemi.
Et les passoires que constituent les péages entre Abidjan et l’intérieur du pays ne sont pas fait pour arranger les choses. Bien au contraire. La Côte d’Ivoire enregistre, au 07 juillet 2020, 11 194 cas confirmés, 5487 guéris et 76 décès. Ces chiffres maintiennent ce pays dans le Top 10 des pays africains les plus touchés.

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