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Covid-19 et l’Afrique : Obasanjo pour une attention particulière à accorder à l’agriculture

Par Franck Tagouya
L'investiisement dans l'agriculture et la lutte contre la coronavirus.

La crise née de la survenue de la covid-19 exige des réponses vigoureuses pour relancer le développement, stopper net, cet ennemi invisible. Contrairement à la part belle faite aux domaines de la santé, de l’économie et des infrastructures dans ces réponses, une attention particulière doit être accordée à l’agriculture, croient Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria et Hailemariam Desalegn Boshe, ancien Premier ministre de l’Éthiopie. Ce plaidoyer a été présenté le 14 mai 2020, dans une tribune publiée sur le site internet du Fonds international de développement agricole (Fida). Cette priorité est due au fait qu’en Afrique, l’agriculture représente 65% de l’emploi et 75% du commerce intérieur. Sur le plan sanitaire, l’hécatombe annoncée n’a pas encore eu lieu ou n’arrivera certainement pas. Mais ce n’est pas le cas en ce qui concerne le volet économique. Avec la fermeture des frontières, de nombreuses commandes ont été annulées et il n’y a plus de possibilité pour les exportateurs de négocier de nouveaux contrats et de les honorer.

Or le pouvoir d’achat de la majorité de la population africaine dépend fortement des produits d’exportation, faisant de l’agriculture, le secteur essentiel dans la lutte contre la faim et la pauvreté. Olusegun Obasanjo et Hailemariam Desalegn Boshe évoquent comme preuve, la baisse de la demande de fruits et légumes frais, provenant d’Afrique, sur le marché de l’Union européenne. Vers les pays de l’orient (Emirats Arabes Unis, Iran et Pakistan), il y a une baisse de 8,5% des exportations de thé kenyan. Même à l’intérieur des nations, les petits exploitants agricoles rencontrent des difficultés à écouler leurs productions et se procurer les semences, les engrais … Ainsi, quatre-vingt (80) millions d’africains pourraient basculer dans l’extrême pauvreté et la faim également pourrait étendre son pouvoir. C’est pour toutes ces raisons que ces dirigeants africains attirent l’attention des gouvernements sur l’importance de l’investissement dans l’agriculture qui est cinq fois plus efficace pour réduire la pauvreté. En outre, ils souhaitent que les activités agricoles et les populations rurales soient au centre des stratégies du développement durable.

C’est de cette manière, croient-ils, qu’on pourra prémunir les personnes vulnérables d’une éventuelle crise et de ses corollaires, à l’avenir. D’ailleurs la crise de la covid-19, a consolidé la conviction qu’il n’y a pas un autre chemin pour l’Afrique d’atteindre la croissance économique inclusive, si ce n’est la transformation de l’agriculture et de l’entrepreneuriat agricole.
Joignant l’acte à la parole, le Fida a pu mobiliser, dans le cadre du Mécanisme Covid-19, de relance en faveur des populations rurales pauvres (l’acronyme anglais de Rpsf), 40 millions de dollars US au profit des populations rurales et leur permettre ainsi, entre autres, d’avoir les intrants de base et de les aider à avoir accès au marché. Il reste encore à mobiliser 200 millions de dollars Us auprès des Etats membres de l’Onu, du secteur privé et des Fondations.

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Source : ifad.org

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